Projet Models of Autonomy
Une approche sociale, économique et mathématique de l’autonomie dans le vieillissement
Durée : 48 mois
Aide accordée :
1 510 000 €
Responsable scientifique :
Archana Singh-Manoux
Enjeux
Le présent projet résulte d’ateliers organisés par l’Institut Paris Public Health ayant rassemblé plusieurs disciplines académiques pour envisager des approches innovantes et pérennes du vieillissement en bonne santé.
Le projet MoA propose un programme de recherche sur la prévention des incapacités impliquant des épidémiologistes (CRESS UMR 1153), des économistes (LIRAES URP 4470), des spécialistes des sciences du sport-santé (I3SP URP 3625), des mathématiciens et des experts en science informatique (Centre Borelli UMR 9010).
Méthodes et données
Le projet MoA comporte deux approches :
– L’une « vie entière » (lifecourse models) pour étudier dans quelles mesures les expériences au cours de la vie façonnent le vieillissement. Ce programme s’intéresse en particulier à la compréhension des inégalités sociales en matière de perte d’autonomie et leur émergence au cours de la vie. En plus de l’influence des facteurs socio-économiques, seront également examinées celles :
- des comportements de santé,
- des facteurs de risque cliniques,
- de l’accessibilité aux soins et de leur gestion pour les maladies chroniques,
- des facteurs contextuels sur la survenue de la perte d’autonomie chez le sujet âgé.
La modélisation permettra d’étudier les facteurs de risque et protecteurs de la perte d’autonomie. Une attention particulière sera portée à la prise en compte de la multimorbidité et de la fragilité comme facteurs pouvant favoriser la survenue de la perte d’autonomie.
Données : Nous utiliserons des données individuelles issues de cohortes longitudinales (Whitehall et UK Biobank au Royaume-Uni et les cohortes sur le vieillissement issues du consortium Gateway to Global Ageing en Europe (SHARE), aux États-Unis (Health and Retirement Study) et dans plusieurs pays à revenu moyen ou faible).
– L’autre par modélisation-simulation à base d’agents (Agent-Based-Modelling, ABM). Elle permet d’évaluer comment chaque élément d’un système se comporte selon ses caractéristiques individuelles et leurs interactions avec l’environnement. Ces ABMs incluront une grande variété de caractéristiques individuelles/environnementales ainsi que sociales contribuant à influencer les comportements, états de santé et l’utilisation des services de santé. Cette méthode a l’avantage de pouvoir :
a) modéliser les relations complexes impliquées dans les mécanismes causaux et de tester des éléments contrefactuels,
b) estimer l’équilibre coût-bénéfice relatif entre les soins fournis en cas de perte d’autonomie par rapport aux scénarios de prévention.
Une recherche innovante
En plus de ces modélisations, les équipes de recherche impliquées dans le projet MoA travailleront sur le développement de deux outils.
Le premier concerne la construction d’un outil, composé d’une ou plusieurs mesures objectives, qui permettrait d’évaluer le risque de perte d’autonomie, de perte d’autonomie sévère et de décès. L’originalité de cet outil est l’évaluation du risque chez les adultes vers 60 ans pour permettre la mise en place des stratégies de prévention.
Le second est un outil permettant de mesurer le bien-être dans le cadre d’évaluations économiques, l’ICECAP (Investigating Choice Experiments CAPability). Le projet MoA vise à estimer les préférences de la population française pour cet outil, afin qu’il puisse être utilisé pour démontrer l’efficience de programmes de santé et d’aide sociale en France.
Au-delà de l’interdisciplinarité, ce projet met l’accent sur les comparaisons internationales sur les déterminants de la perte d’autonomie et la formation de jeunes scientifiques.
